INTERVIEW BLACKSTEEL, LE 06 MARS 2010 A PARIS

REALISE PAR DOCTORBIRD

 

J’attaque cette interview de Blacksteel dans la foulée du concert qu’il a donné avec les twinkle brothers à Paris. Très cool, il discutera avec moi pendant une bonne quarantaine de minutes dans la petite loge bien remplie et bruyante du new morning. C’est généreux de sa part, mais avec un parcours musical aussi riche que le sien, nous n’aurons le temps que de survoler sa longue et riche carrière. Un rappel des faits, en plus d’être un des personnages cruciaux de l’équipe de Mad professor et de son label Ariwa, il est tout simplement LE musicien anglais qui a le plus joué avec des artistes yardies venus faire un crochet par l’Europe.


Blacksteel, d’où venez-vous ?


Je suis né et j’ai grandi dans la banlieue nord est de Londres, mais mes parents sont Jamaicains. J’ai toujours adoré la musique, j’ai littéralement grandi avec, c’est a vraiment été une bénédiction pour moi que de devenir musicien, car c’est ce que j’ai toujours voulu être.


Vous avez appris à jouer à l’école ?


Well, en fait en primaire, mon professeur ne voulait pas vraiment apprendre à jouer aux enfants de couleur, et nous étions pourtant nombreux dans cette école ! C’était une autre époque, mais ensuite je suis allé dans une école privée, et là un de mes professeurs a lui remarqué mes aptitudes musicales, et m’a enseigné à jouer de la flute à bec, du steelpan, de la guitare, et j’ai moi-même appris à jouer de la batterie, de la basse et du piano. J’ai aussi appris le mélodica à travers les disques d’Augustus Pablo. Pour ce qui concerne le chant, j’ai toujours préféré chanter des harmonies plutôt que de faire le lead singer. J’ai grandi en chantant des harmonies sur toutes les chansons que j’entendais à la radio.


Dans quel groupe avez-vous débuté ?


J’ai commencé dans un groupe qui s’appelait Makka, ou je jouais de la batterie. Ensuite je suis passé à la guitare rythmique dans un groupe nommé Sheergold, mais mon premier groupe sérieux s’appelait Street level, et c’est la que je me suis dit que j’avais vraiment envie de faire ca comme un pro.


Et vous avez depuis chanté avec tellement d’artistes !


Oui, c’est comme un rêve qui s’est réalisé, car lorsque j’étais petit en Angleterre j’écoutais déjà tous ces chanteurs, et depuis toutes ces chansons ne m’ont jamais quittées. D’ailleurs dernièrement j’ai repris pas mal de ces morceaux que je connais depuis que j’ai eu 7 ou 8 ans, et ainsi sortir mon dernier album en date « Blacksteel sing the classics » (en 2007 sur world sound music) C’est un peu pour la vieille génération (rire), mais j’ai pris énormément de plaisir à l’enregistrer. J’en suis très content. Je crois qu’un des morceaux qui m’a le plus marqué, et non seulement moi mais toute ma famille puisque même mon père ne pouvait pas s’arrêter de le chanter, est « every man ought to know » de Max Romeo. Bon évidemment il ne se rendait pas vraiment compte du message rasta que possède ce morceau (rire). A l’époque je me souviens également des morceaux « room full all full » et « miss labba labba » des twinkle brothers, pour les citer. Tous ces artistes sont mes classiques, Prince Alla, Dennis Emmanuel Brown, The termites (avec Lloyd Parks), The wailing wailers, et je dis bien les wailing « 60’s » wailers, ceux qui enregistraient à Studio 1…J’ai d’ailleurs eu le privilège de pouvoir visiter Studio 1, c’était comme une vision pour moi, qui en avait tellement rêvé. J’avais l’impression que les musiciens étaient encore tous la, Jackie Mittoo, Lloyd Knibb & Lloyd Brevett, Tommy McCook, Don Drummond, Vin Gordon…et puis ces chanteurs, Delroy Wilson, the Heptones, Bunny Wailer, Ken Boothe, The Ethiopians ou encore mon oncle Alton Ellis…


Oui vous venez d’une très grande famille de musiciens…


Oui Leroy Horsemouth Wallace (batteur légendaire et héro du film « rockers ») est mon cousin, et d’ailleurs comme je joue dans le groupe de Max Romeo, il aime à me rappeler que c’est lui a joué sur le premier hit de Max, « wet dreams » en 1969. Joseph Hill, le défunt lead singer du groupe Culture était lui mon oncle. Il avait débuté à studio 1 en tant que percussionniste du groupe Soul defenders. Tous viennent du coté paternel de ma famille. Mais du coté maternel de ma famille ils se défendent aussi pas mal, ils sont plus nombreux (rire). Barry (Prince) l’actuel batteur de twinkle brothers (et de Misty in roots) est aussi mon cousin ! C’est réellement une bénédiction que d’être né dans cette grande famille musicale.
Vous-même, avez également backé un nombre impressionnant de chanteurs…
Dennis Brown, Ken Boothe, Freddie McGregor, Michael Prophet, King sounds, Macka B… (Il cherche, je lui souffle The Meditations…) Ah yes ! J’ai adoré travailler avec eux, mais aussi Fred Locks, Ranking Joe, Little Roy (il oublie Willie Williams, Winston Francis, U Roy, Dennis Alcapone, Big Youth, John Holt, Rico Rodriguez, Barrington Levy, Sugar Minott, Gregory Isaacs, Augustus Pablo, Laurel Aitken, Jah Shaka et d’autres) …il y en a eu énormément…Give thanks ! C’est vraiment fantastique de pouvoir jouer avec toutes ces légendes ! C’est une bénédiction pour moi, je me répète mais c’est tellement vrai. Il y a eu tellement d’artistes avec qui j’ai pu jouer, chanter, enregistrer et tourner partout dans le monde. Je pense que ceux avec qui j’ai eu le plus de plaisir à jouer sont tout de même Lee Scratch Perry, Max Romeo, Dennis Brown et Twinkle brothers. C’est mon carré magique !


Pourquoi ce pseudonyme Blacksteel (l’acier noir) ?


Ce surnom m’a été donné il y a longtemps par Jerry Lyons (guitariste entre autre des robotiks) lorsque l’on jouait ensemble avec Dennis Brown. En fait c’était du à ma facon très sèche de gratter mes cordes de guitare, ils avaient l’impression que je les grattais avec une baguette en acier (chopstick steel). De là ils ont commencés à m’appeler Steel, et comme c’était un peu court j’ai cherché à le rallonger, alors je me suis fait appeler Blacksteel, ca sonne bien !


Vous souvenez vous de votre première date en France ?


C’était en 1985 me semble t-il. Non c’était en 1986 ! En fait ma première date à l’étranger s’est déroulée en 1985, et c’était en Italie. Dub Judah était la également car nous jouions ensemble dans un groupe qui s’appelait Jah foundation. J’avais la trouille de devoir jouer à l’étranger et bizarrement une fois là-bas je me suis dit que je ne devais pas avoir peur car c’était ma première. J’étais jeune mais déjà déterminé. Nous tournions avec Ras messengers et Ariwa possee.


Vous étiez la aux débuts d’Ariwa ? (studio et label de mad professor)


Eh bien pour être franc je crois que je fais un peu partie du succès qu’a eu Ariwa, car j’étais l’un des musiciens essentiels à son studio. J’y ai enregistré plein d’instruments différents, et d’ailleurs il y a un disque de Sandra Cross ou je les fais tous. Je joue encore pour Mad Professor, mais moins qu’avant. A l’époque c’est vrai que si un batteur ne venait pas à une session et qu’ils en avaient désespérément besoin d’un, j’étais toujours là et je pouvais le remplacer au pied levé par exemple. Avec Max Romeo j’ai également débuté comme batteur, et il a ensuite été vraiment étonné par ma versatilité. Mais la batterie a été mon premier véritable instrument, et depuis je peux en jouer assez facilement. Pour en revenir à Mad Professor, j’ai fait énormément de choses avec lui, et cela m’a aussi permis de faire d’autres choses ensuite. Si j’ai beaucoup œuvré pour son studio, lui aussi fait parti de moi. Aujourd’hui nos chemins se sont un peu séparés, il tourne souvent avec des dub shows en live, et parfois il m’appelle pour que je vienne jouer avec mon groupe qui s’appelle Jah riddim section band. J’y joue de la basse, Kojak y fait les parties de guitare, Henry les claviers et Shanti la batterie.


Vous savez le nombre de disques sur lesquels vous avez joués pour Mad Professor ?


Oh god ! Too much ! too much ! too much ! Comme disait Earl bagga Walker (bassiste ayant lui beaucoup joué à studio 1) Too much !!! (Il hurle) Je dirais sans doute aux alentours de 200 (singles et LP confondus). Parfois c’était presque un travail solo, et parfois on jouait avec Sly & Robbie. Parfois je jouais aussi avec Barry, sous le nom de Barry & Steel. Il y avait aussi Victor Cross qui a joué pas mal de claviers, et puis beaucoup d’autres…

Quel est le premier LP solo que vous ayez fait pour Mad Professor ?


Hum, le premier disque que j’ai fait pour lui était « jungle warrior » en 1988. Ensuite j’ai fait « lion in the jungle » en 1996, mais une nouvelle fois nous nous sommes un peu chamaillés car il avait changé mes titres de chansons pour les rebaptiser avec ses titres à lui. J’avais trouvé cela très égoiste de sa part, mais c’était lui qui était dernier décideur... (A ce niveau de l’interview il y a tellement de bruit dans la loge que l’on peine à s’entendre mutuellement. Blacksteel se lève pour demander un peu de silence en vain. Arrive Gussie Prento, l’ingénieur du son des twinkle brothers, grand gaillard rigide à la voix qui porte. Gussie P commence à engueuler Blacksteel pour rigoler, en le tapant et le pincant affectueusement « Parle lui un peu de moi au lieu de te plaindre ! Dis lui que je t’appelle Errol (le vrai prénom de Blacksteel) et que tu m’appelles Tonton Gussie! Celui la je le connais depuis toujours. On était du même quartier, et déjà tout jeune il venait tout le temps trainer devant mon studio, avec son petit vélo repeint en rouge or et vert. A chaque fois Il voulait se mêler aux affaires des rastas, Il fallait toujours qu’il fourre son nez partout ! » Tout le monde rigole, Gussie P continue à faire son show en chambrant un peu Blacksteel, qui lui rigole…) Tout ce qu’il dit est vrai, Gussie, c’est un excellent ingé son, ainsi qu’un très bon producteur. Son label s’appelle Sip a cup. Sip a cup c’est quand on avale la fumée du chalice tout d’un coup, et qu’ensuite on se sent nice…Je fais quelques sessions pour lui aussi, je joue de différents instruments et je fais des harmonies. Comme tu peux le voir notre communication est excellente (rire), nous nous connaissons depuis tellement longtemps que l’on a l’impression de faire partie de la même famille. Plus sérieusement, aujourd’hui je trouve vraiment toujours plus de plaisir à me mettre au service des autres sur scène. Je tiens à rendre hommage à tous ceux avec qui j’ai pu jouer et qui ne sont plus la …oncle Joseph Hill, oncle Alton Ellis, Ruddy Thomas, Phyllis Dillon…


Vous avez joué avec Phyllis Dillon !


Oui! C’était la première fois que je jouais au rocksteady gala d’ailleurs (festival anglais de revival rocksteady). Je crois que c’était en 1994, et j’ai adoré jouer toutes ces chansons d’amour avec elle. Il faut cependant dire qu’à cette époque qu’elle commencait déjà à être un peu malade. C’est vraiment triste de voir tous ces gens partir… Jah Jerry, Johnny Moore, Joe Gibbs, Errol E.T Thompson, Sir Coxsone Dodd…mais leur souvenir, lui ne sera jamais oublié, car leur travail leur survivra. (Il s’adresse à moi) C’est bien que des gens comme vous preniez le relai pour continuer à faire parler d’eux maintenant qu’ils ne sont plus la. En ce qui me concerne, j’aimerai que l’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui aimait la musique et qui aimait les gens.
Vous avez également chanté dans un groupe vocal aux sonorités très lovers nommé Clearview Harmonix début 90’S
Oui car je suis versatile musicalement, et j’avais à l’époque la volonté de tenter quelque chose de nouveau. J’ai crée ce groupe, c’était mon trio vocal original, mais au bout d’un moment je suis parti car je ne pouvais pas que faire du chant, je voulais également jouer d’un instrument, j’en avais besoin. Et ce groupe était un pur trio vocal, il y avait nous et il y avait les musiciens qui jouaient derrière. Et moi je souhaitais faire les deux ! J’aime tenter des choses inédites, et je n’ai pas peur de faire de la musique commerciale. Mais avec le temps, je me suis vraiment rendu compte que ce que j’aimais par-dessus tout était de backer des artistes, par forcement de facon permanente d’ailleurs, mais aussi de faire simplement des sessions. Il y a un renouveau qui a chaque fois me plait.


Vous avez fait un LP avec Yabby you en 1996


Yaaaaaaaaaaaabby You meets Mad Professor & Blacksteel in Ariwa studios! C’était vraiment génial de pouvoir travailler en collaboration avec cet homme que l’on appelle Yabby You…Ce disque est béni! J’ai fait tellement de choses sur ce disque, que j’ai finalement été crédité sur la pochette, au même titre que Yabby You ! Mad Professor l’a ensuite mixé, puis nous avons fait quelques concerts. Je me souviens que le bassiste régulier des Robotiks était Eddie Brown à l’époque, mais Yabby avait insisté pour m’avoir moi à la basse…Il était venu en Angleterre pour faire ce disque, nous étions tous ravis. Je joue presque tous les instruments sur ce disque, excepté la section cuivre bien sur. Je n’aime pas trop parler de ca, mais nous avions eu à l’époque quelques discussions un peu houleuses avec Mad Professor, car il avait finalement inclus quelques dubs enregistrés avec Augustus Pablo, ce qui à mon gout n’était pas vraiment nécessaire. Il n’aurait pas du faire cela, car ce disque était le disque de Yabby You. Enfin bon, je suis tout de même très fier de ce LP.


Vous avez repris en solo une de mes chansons préférés « Nosey Parker » des Pioneers


Oui c’était sur l’album « sweet and raw » en 2000… (Je lui montre le single original des Pioneers) Cette chanson me rappellera toujours l’époque ou j’allais à l’école. On traitait de « Nosey Parker » toutes les personnes que nous n’aimions pas ! Ha ha ha ! (la Nosey de la chanson en question est considérée comme pestiférée par tout le monde) Nous n’étions pas tellement sympas, mais c’est tout de même resté, et cette insulte a durée quelques années. Sinon c’est vraiment une très bonne chanson aux superbes harmonies vocales. Lorsque j’ai joué avec Jackie Robinson (lead singer des Pioneers) je l’ai supplié qu’il rajoute cette chanson au tour de chant, et quand on l’a jouée ca sonnait vraiment super ! Aujourd’hui Georges Dekker (frère de Desmond) vit à Londres, Sydney Crooks au Brésil et Jackie Robinson à Miami.


Comment avez-vous rencontré Norman Grant et les Twinkle Brothers ?


Un jour, je jouais à l’Albany empire, une salle dans le sud est de Londres. Je tenais la basse pour Lorna G, Alan King pin et Jah Shaka, quand j’ai apercu Norman Grant dans la foule. Du coup entre deux morceaux j’ai joué une petite ligne des twinkle brothers qui m’est tout de suite venue à l’esprit, et lui, m’a fait un petit signe pour me montrer qu’il avait bien remarqué cette attention particulière que je lui avais porté. Ensuite, Il est venu me voir à la fin du concert, et c’est comme cela que s’est effectué ma première connection avec eux. Puis, je suis allé a New Cross au magasin de Jah Shaka peu de temps après, et c’est la que Shaka m’a demandé si j’étais intéressé pour jouer de la basse avec les twinkle brothers, à l’occasion de leur nouvelle tournée américaine. Je suis resté estomaqué, mais j’ai tout de même répondu oui! J’étais tellement content de pouvoir jouer avec eux, et en plus de partir en Amérique! Il m’a fallu trouver une basse, car je n’en possédais pas personnellement. Alors lorsqu’un frère du nom de Georges Singa m’a demandé de jouer sur son disque, je lui ai dit que je ne voulais pas être payé mais que je voulais une basse. Le deal s’est effectué, et à partir du moment que j’ai eu cette basse entre les mains, j’ai répété dans ma chambre du soir au matin, quand ce n’étais pas du matin au soir! Je me souviens qu’ils m’avaient fait une cassette avec les morceaux à apprendre dessus. J’habitais encore chez mes parents, et quotidiennement, à l’aide d’un casque sur les oreilles je m’entrainais à la jouer encore et encore. Une fois, mon père m’a demandé ce que je fabriquais, car excepté pour manger et me doucher, j’étais éternellement enfermé dans ma chambre. Lorsque je lui ai annoncé que j’allais partir en tourné avec les twinkle brothers, il n’en revenait pas ! Il aimait tellement chanter leurs chansons, même s’il n’aimait pas Rasta (grand éclat de rire). Quelques jours après j’embarquais pour ma première tournée américaine avec eux. C’était en décembre 1986. En fait lorsque j’y repense, j’ai fait la même chose avec Bob Andy, je lui ai joué une de ses lignes de basse, un jour qu’il était venu voir Mad Professor dans son studio, et c’est comme ca que j’eu eu le job. Pour Dennis Brown idem, mais cette fois ci, j’étais au piano. Je ne dis pas ca comme ca pour craner, mais j’adore donner aux gens ce qu’ils attendent précisément de moi, et je crois que c’est aussi pour cette raison que je me suis fait embaucher par tout ces artistes, car je leur ai donné précisément ce qu’ils attendaient. D’avoir travaillé auprès de toutes ces légendes m’a fait énormément progresser bien sur.


Quel est votre prochain projet musical ?


Pour le moment je me concentre à l’approche du show pour l’anniversaire de Lee Scratch Perry (le 20 mars). Pour ce concert, nous avons formés un groupe inédit pour l’accompagner sur scène, avec moi-même à la guitare, Dennis Bovell à la basse, Ruddy (?) aux claviers, Sister Audrey au chœur et Leroy Horsemouth Wallace à la batterie ! Ensuite je sais que j’ai quelques dates à honorer au sein du chairmax band de Max Romeo…J’ai des choses en vue, et cela me plait car j’ai toujours besoin de travailler pour me maintenir en forme. Ma vie, c’est d’accomplir mon travail au service des autres, j’aime ca, jusqu’au jour ou il sera temps pour moi de me retirer.


Avant de se quitter, il nous fera un petit jingle, chantant « Jah Rastafari » une chanson de Culture, le groupe de son oncle auquel il souhaitait rendre hommage. Big up Blacksteel !

 

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