BIGA RANX, LE 13 JANVIER 2011 A PARIS

REALISE PAR POTER

 

Biga Ranx est un jeune DJ français de 22 ans à l’avenir prometteur. Plusieurs vidéos postées sur You tube telles que « It’s a shame » ou « Air France anthem », son duo avec Joseph Cotton ont marqué les esprits des amateurs de sound system. Biga a déjà de nombreux titres à son actif et nous annonce un nouvel album pour le printemps. Live and direct a cherché à en savoir un peu plus sur cet artiste dont la voix et le style ne laisse pas indifférent.

Remerciements à Selim BRT Partners

Peux tu nous présenter ton parcours musical ?

J'ai commencé par écouter et acheter des cd de rap français et de rap américain puis vers l'age de 12 ou 13 ans j'ai commencé a m'intéréssé au reggae au dancehall et à toute la musique jamaïcaine en générale. J’ai commencé les soirées en 2004. J’ai 22 ans, je suis né en 1988, voila, big up à ma génération.

D’où vient ton surnom ?

Biga vient de mon prénom Gabriel, je suis une victime du verlan donc on m’a surnommé Biga.

J’ai entendu dire que Biga Ranx était un nom que t’aurait donné le DJ Joseph Cotton ?

On m’a toujours appellé Biga, mais c’est bien Joseph Cotton qui m’a appelé Biga Ranx .

Tous les morceaux que j’ai entendus de toi sont en anglais, où as-tu acquis la maîtrise du patois ?

J’ai de la famille à Londres, j’ai mon père qui vit là bas. J’avais des bonnes bases en anglais, et j’ai toujours été passionné d’anglais, donc grâce à ça j’ai beaucoup appris. Après le jamaïcain c’est venu avec le travail et la concentration sur le truc, mais c’est accessible à tout le monde.

Est-ce que tu écris aussi des textes en français ?

Non ! J’écrivais des poésies en français quand j’étais petit tu vois (rires)

En 2006 tu as passé du temps en Jamaïque

Oui j’ai passé un séjour très court de deux semaines en Jamaïque mais ça a été super enrichissant pour moi au niveau musical.

Qu’est ce que t’as fait là bas ?

J’ai enregistré ma première vraie production, j’ai rencontré beaucoup d’artistes, je suis allé à pas mal de soirées. J’ai passé mes journées dans des studios d’enregistrement vraiment pro et dans des studios dubplate aussi.

T’étais parti avec un objectif ?

J’étais parti avec l’objectif de découvrir et d’ouvrir les yeux sur ce que je faisais. J’ai eu l’occasion et la chance d’y aller car on me l’a proposé. C’était un vol qui ne coûtait vraiment pas cher et la personne prenait tout en charge, ça a été super cool pour moi, donc j’ai sauté sur l’occasion. Je venais d’avoir 18 ans et ça a été super enrichissant pour moi.

Au niveau des artistes que t’as rencontrés ?

J’ai croisé beaucoup d’artistes, Elephant man, Junior Cat, John Holt, Beres Hammond, beaucoup d’icônes du reggae, c’est des gens très humbles, c’était une belle leçon de vie.

Est-ce que tu avais des connexions en Jamaïque ?

En fait c’est Jacob (du sound system Guiding star) qui m’a fait venir là bas, et après je le suivais, je n’avais pas de connexions en particulier. J’avais 18 ans, je suivais le troupeau !

Tu es un artiste solo est-ce que tu as déjà envisagé de jouer en groupe ?

Je suis un artiste solo mais je joue en groupe. J’ai un groupe qui s’appelle Mus bus que j’ai crée avec un DJ autrichien, un mec qui chante comme moi. Il a commencé dans le rap et il est super connu en Autriche, il fait aussi du dancehall à côté. Je joue aussi avec un backing band qui s’appelle ODG (On dub ground), c’est une nouvelle formule de backing band, c’est du new dub. C’est des purs musiciens qui font de la musique dub électronique.

Tu t’es fait connaître grâce à tes dubplates avec des vétérans comme Joseph Cotton par exemple. J’ai vu que les deux derniers disques que tu as sorti sont carrément hip hop, est-ce que t’as mis de côté le reggae pour l’instant ?

Absolument pas, les artistes reggae c’est des gens authentiques qui font ce qu’ils aiment. Moi je viens d’un milieu hip hop et reggae. J’ai voulu être authentique avec mes goûts, voila. Je fais ce qui me plait musicalement. Je ne me prends pas trop le tête à me dire que ça c’est un style, ça s’en est un autre et il ne faut pas que je fasse ça… Ce qui me passe par la tête je le fais !

Aujourd’hui c’est hip hop mais demain ça pourra être reggae

Ouais, mais je fais beaucoup de morceaux reggae maintenant. Je reviens avec des morceaux reggae parce que c’est ma vibe du moment.

2010 vient de se terminer est- ce qu’il y a des albums ou des artistes reggae qui t’ont marqués même au niveau de la scène reggae française ?

Plutôt des artistes comme Vybz Kartel, Black rhino des artistes dancehall pur et dur, et plein d’autre trucs plus roots. Plein de trucs m’ont marqués, mais ça a vraiment été une année où on a ressenti l’affluence de partout, ça devient de la globale musique, maintenant on mélange tous les styles je trouve ça bien.

Est-ce que la musique est simplement une passion ou bien tu comptes gagner ta vie grâce à elle ?

Je ne fais que ça, j’ai arrêté l’école tôt, ce que je ne conseille à personne. Maintenant c’est ma vie. J’ai des dates toutes les semaines, je joue un peu partout en Europe. C’est une passion, c’est mon job et c’est ma vie.

Revenons sur le morceau que tu as fait avec Joseph cotton pour le label Massai en 2008, comment avez vous écrit ce morceau ? Quand on voit la vidéo il semble y avoir pas mal de complicité

Ce morceau c’est une pure improvisation. Joseph Cotton m’a dit viens on fait un morceau ensemble, on a écouté un riddim, et cinq minutes après on a enregistré le morceau. Il m’a dit regarde, ça c’est les deux premières phrases, je les chante et ensuite on balance, la suite c’était de l’impro. C’était comme un exercice pour moi où le professeur t’enseigne des vieux styles de DJ, une phrase chacun son tour... Ca c’est les purs trucs à l’ancienne que t’entends sur les cassettes et moi j’ai été bercé par ça. Ca m’a fait super plaisir de le faire, big up à Joseph Cotton.

Est-ce que tu as d’autres souvenirs relatifs à des DJ avec qui tu as chanté ?

J’ai posé avec pas mal de DJ, j’ai posé avec General Levy, même en Jamaïque j’ai posé avec pas mal de type mais j’étais un peu plus jeune j’avais 18 ans et maintenant j’aimerais bien y retourner… J’ai plein de souvenirs, après c’est dur de les citer parceque j’ai peur d’en citer certains et d’en oublier d’autres.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

J’ai un album qui va sortir pour le printemps et il y aura une tournée avec. Et puis il y a l’album de Mus bus qui va sortir.

L’album ce sera plutôt reggae ?

Ouais, un peu de tout mais axé bien reggae quand même tout en étant moderne.

Au niveau des sons tu peux nous parler de l’équipe qui travaille avec toi ?

Ca dépend je travaille avec beaucoup de producteurs européens. Avec Macro marco qui vient d’Italie, il a produit Gappy Ranks, avec Mongo zaifay ?, Mafi, beaucoup de labels européens. En ce moment en France je travaille beaucoup avec On dub ground, on a sorti une tune qui s’appelle « Gypsy rock » j’invite tout le monde à aller voir ça, ça donne un peu la couleur du futur album.

 

LIVEANDDIRECT.FR 2009-2012