FINGER (INGENIEUR DU SON DE GROUNDATION), LE 30 JANVIER 2011 A VAUREAL

REALISE PAR DOCTORBIRD

 

A l’occasion d’un concert de Pablo Moses, nous avons eu l’occasion de croiser son ingénieur du son, un des rares francais à avoir fait sa place dans le milieu du reggae roots jamaicain. Il nous raconte son histoire d’amour avec la Jamaique et sa musique, au travers de son parcours atypique…Rencontre avec Finger

Tout d’abord pourquoi Finger ?


Oh ca vient de très loin, de l’époque ou je faisais parti d’une bande de potes qui n’écoutaient que du reggae. Déjà il faut se remettre dans le contexte, à ce moment là, quand on écoutait un disque des Abyssinians ou de U roy, de Big Youth, de Dillinger ou des Gladiators, ces disques étaient les nouveautés, ils venaient de sortir, alors qu’aujourd’hui on appelle ça du vintage ! Donc, nous nous étions rendu compte en regardant les pochettes, que tous les musiciens avaient un surnom. Il y avait « Sly » « Horsemouth » « Sticky ». On a fait pareil, nous nous sommes donné des noms qui nous reflétaient. Moi je faisais les percussions, alors je suis devenu Prince Finger. Notre batteur s’appelait lui Jah Wood, car il aimait le bois, et un autre qui faisait les beaux arts Prince Brush…C’était tout de même un truc d’adolescents qui cherchaient à se mettre en marge de la société, et lorsque je suis arrivé en Jamaique, on m’a dit tout de suite Prince Finger ? Non! ca ne va pas, ce sera Finger…Simple et logique pour mes amis jamaicains.

U-ROY - DREAD IN A BABYLON

TR International (1975)

BOB MARLEY - BABYLON BY BUS

Island Record (1978)

POUPA CLAUDIO - ECOUTE LE CONSEIL

Island Record (1991)

Ton premier contact avec la musique jamaicaine en France ?


« Babylon by bus » de Bob Marley…un classique.


Comment as-tu débuté dans le reggae music ?


On va dire que les choses ont sérieusement débutés pour moi quand j’ai joué avec Poupa Claudio et Ragga melody, un groupe français des années 80. A partir de ce moment là, j’ai chanté, joué de la batterie, des percussions, de la basse comme dans un petit groupe de quartier. Jusqu’au jour l’on est devenu découverte du festival du printemps de Bourges, ce qui nous a fait nous développer jusqu’à signer sur le label Island. Après il y a eu des splits, comme dans tous les groupes, et je me suis ensuite dirigé vers le son, mais il faut savoir que j’avais déjà fait mon premier voyage en Jamaique en 1983. J’en ai fait d’autres en 1987, 1989…Et ce sont ces voyages qui m’ont révélés en fait, la réalité de la musique jamaicaine.
En 1983 c’était en pleine période rub a dub…
Voila c’était sympa. Je me suis retrouvé dans le ghetto jamaicain avec par exemple Sugar Minott et d’autres artistes dancehall. D’une certaine manière j’avais fait ce saut à Kingston car j’étais très intéressé par les sounds systems. En fait à Toulon, on avait eu la chance d’avoir des disques de sound systems que l’on allait chercher ou que l’on faisait venir. Pour moi ces disques ont vraiment été une révélation, car ils reflétaient la réalité jamaicaine, en informant les gens du peuple qui bien souvent ne savaient pas lire. Ceux-ci se tenaient au courant des choses par le sound system grâce à ces chanteurs qui se posaient sur des riddims.


Ces disques ce sont lesquels précisément ?


Un avec Gemini, les deux 82 Chisholm avenue, celui avec Brigadier Jerry… Et l’anecdote, c’est que lorsque l’on est arrivé en Jamaique on est allé directement chez Jimmy Cliff, car on avait des branchements avec lui, mais nous voulions surtout aller dans le ghetto, et l’on s’est retrouvé dans un endroit qui s’appelait « 82 Chisholm avenue » près de Waltham park road et de Maxfield avenue. Et en fait il faut savoir qu’au début des années 80, un disque de sound system avait été enregistré ici même, et que c’était un disque que j’adorais vraiment. Et là, sans le savoir, je me retrouvais à vivre dans l’endroit même ou avait été enregistré ce disque ! En fait je dormais dans ce yard, je vivais sans comprendre, sans savoir que j’étais dans la réalité jamaicaine, et que l’album qui m’avait fait venir en Jamaique, je me retrouvais pile dans l’endroit ou il avait été fait.


Et c’est là-bas que tu es vraiment rentré dans la musique jamaicaine ?


Comme je le dit à tout le monde, c’est comme un tatouage. Voilà, tu es attiré par quelque chose, tu te retrouves dans la situation, avec toutes les vibes que tu as espérés, et d’un coup tu les vit! C’est très compliqué en fait, tu croises Sugar Minott, tu croises Quenchie (Charlie Chaplin), Tenor Saw… Tout ca dans des yards qui sont comme des petits jardins, avec des sounds systems et du son ou tu trouves tous les artistes, Robert Ffrench, Nitty Gritty…le dancehall de l’époque quoi ! Donc si tu veux à un moment donné tu regardes et tu ne comprends pas trop non plus parce que ce qui se passe, c’est que cette réalité est en face de toi, mais tu n’arrives pas à lui donner un sens, puisqu’elle n’est pas comme tu l’avais imaginé. Là tu la vit, tu vis l’histoire au moment ou elle se crée. Lorsque tu vois des types comme Nitty Gritty, Brigadier (Jerry), Josey Wales qui sont là à chanter devant 200 personnes dans des yards, tu es en fait arrivé à rejoindre tes affinités. C'est-à-dire que tu pensais qu’il y avait un creux entre ce que tu croyais impossible à acquérir, et ce que tu vis en fait.


Et le retour ?


Ensuite je suis rentré à Toulon, j’ai continué mon travail avec Poupa Claudio, j’ai commencé à faire du son, car je n’étais ni doué pour jouer de la basse ni pour faire des percussions. Je me suis tourné vers le son directement.


Tu n’étais pas tenté par la production ?


Non, moi ce qui m’interessait, c’était de communiquer avec des gens qui avaient des projets. Produire c’est ambitieux je trouve, et c’est souvent mal interprété car il y a une relation d’argent que j’ai toujours refusé. J’ai des vibes, je travaille avec des gens, si ca donne, ca donne…Tu sais moi j’ai un petit jardin à la maison, j’y plante mes graines et si ca pousse pas ca pousse pas. Mais celles qui poussent, je suis fier d’y avoir contribué et j’en mange les fruits.


Quels sont les artistes jamaicains avec qui tu as préféré travailler ?


Alors celui qui m’a le plus marqué, c’est incontestablement Sugar Minott. J’ai fait une tournée complète de 3 semaines en France avec lui. C’était quelqu’un que j’avais rencontré étant jeune, et vraiment un de mes artistes préférés…Sugar, Frankie Paul, Gregory Isaacs, tous les chanteurs lovers en fait. Quand j’ai eu l’opportunité de travailler avec lui, ca a été une révélation quand même. On était amis au départ, mais on a été encore plus liés par le travail ensuite. En 2000, lorsque je suis retourné en Jamaique, je vivais avec lui, dans sa maison avec sa famille, et tous ses youths de youthman promotion autour, dans le yard et le studio. Pour moi ca restera…je n’ai pas eu la chance de connaitre Bob, je l’ai vu en concert c’est déjà pas mal, mais Sugar est pour moi l’artiste fédérateur, voila.

DANCEHALL STYLE GEMINI - LIVE

Gemini (198?)

LEE'S UNLIMITED & PEOPLE'S CHOICE

DISCO - Arrival (1983)

BRIGADIER JERRY - AT THE CONTROLS

Dance Hall Stylee (1983)

Tu as aussi joué avec U Roy…


Oui on a fait des coups avec U Roy ! Ce qu’il s’est passé c’est que…En fait j’ai toujours été dans le reggae, avec des hauts et des bas, mais toujours imprégné de cette musique, sans forcement essayer de gagner ma vie avec, mais simplement de vivre avec ! Puis je me suis rendu compte que oui j’étais vraiment fait pour vivre avec cette musique. Donc déjà ça, cette une révélation qui m’a aidé à vivre, et puis parallèlement j’étais déjà dans la musique, j’ai fait du roading, mis des micros dans des réunions politiques, je cachetonnais en fait. Et puis il faut dire que j’ai quand même eu la chance de rencontrer Groundation, avec qui on a eu des vibes de fou. A l’origine, la musique de Groundation m’interpellait, mais me troublait aussi car elle n’était pas dans mes critères musicaux. Ce n’est pas de la musique jamaicaine, même si elle est imprégnée de vibes et d’autres choses... Mais au travers de cette musique, j’ai rencontré aussi des êtres humains qui avaient une vision de la musique différente. Maintenant, cela fait 6 ans que je tourne avec eux, je fais toutes leurs dates partout dans le monde, sauf aux Etats-unis.


On parlait des artistes jamaicains mid eighties, tu as pu travailler avec eux par la suite ?


Non pas vraiment, même si j’ai eu des opportunités parfois, mais c’est tout de même un milieu ou beaucoup de rencontres se font au hasard. Avec les artistes jamaicains ce qui se fait beaucoup, c’est que comme tu es allé en Jamaique et qu’ils t’y ont rencontré là-bas, ils ont une confiance qui se retourne vers toi, sachant que tu as fait le premier pas pour aller vers eux et les rencontrer. Il y a les discours, et une compréhension des regards et des sourires, il y a une confiance qui se lie. Moi je travaille dans le son avec ces gens là, heureusement cela se passe bien, mais c’est aussi en parallèle par rapport à un discours que l’on a ensemble qui fait qu’ils n’ont pas cette impression de travailler avec un étranger. Ils t’ont vu en Jamaique, moi par exemple je suis allé chez Pablo (Moses), j’ai vécu chez Sugar, j’étais dans le yard, je connais leur nourriture, je connais la façon dont ils vivent, leurs habitudes, et donc tout ceci les rassure. Et puis bon maintenant j’ai aussi l’expérience qui compte. Ma première fois en studio c’était quand même en 1984 au studio Tuff Gong avec Scientist…Il y avait pas mal d’artistes qui enregistraient, et c’est Beres Hammond qui faisait les backing vocals à l’époque…Il avait aussi Winston McAnuff. Ce même McAnuff a vécu par la suite chez ma grand-mère pendant 6 mois ! Tout ceci engendre donc une confiance mutuelle qui aide à créer des liens. Bon après il y a aussi le travail au niveau du son, mais c’est plus viscéral quand même.
Les Mighty Diamonds nous racontaient eux aussi que même après avoir sorti beaucoup de hits pour Channel 1, ils continuaient de faire des backing vocals pour les sessions de Joe Gibbs…
Exactement, moi j’ai croisé Jackie Mittoo à Studio 1 au début des années 80, et même s’il était au top depuis déjà longtemps, c’était quelqu’un qui était payé à la semaine, pas à la session ! Et c’est quand même lui qui a crée 80% des riddims qui sortaient des studios. Il embauchait le matin à 9 heure, et créait jusqu’à 18 heures…Coxsone lui, signait les chansons ! Junjo Lawes et Joe Gibbs faisaient la même chose, car c’étaient des gens qui avaient les moyens de payer des salaires à la semaine.


Scientist tu as pris une claque en le voyant mixer ?


Oui bien sur, même si j’étais jeune. Mais c’était surtout le fait d’être à Tuff Gong…Je l’ai aussi vu au Studio Aquarius, qui est en fait celui de Skateland…Sinon j’ai aussi fait pas mal de Channel 1, à l’époque ou ca jouait encore, là c’était terrible ! C’était Junjo qui amenait beaucoup de matériel, et ca sonnait grave ! Après lui, c’est parti un peu en décadence…Je me souviens qu’il y avait un piano à queue ou se retrouvaient pas mal d’artistes, et ils s’en servaient tous pour couper la weed! Channel 1 a vraiment distancé Studio 1 quand ils ont acheté leur grosse console, une 24 voies je crois…Tous le monde se retrouvait à Maxfield avenue. Il y avait tout le temps Sly Dunbar dans la salle d’enregistrement, mais aussi Robbie, Style Scott, Flabba, ils étaient tous présent, c’est comme s’ils vivaient là…

CHARLIE CHAPLIN - RED POND

Tamoki Wambesi (1982)

ROBERT FRENCH - THE WONDERING

Blue Mountain (1985)

SUGAR MINOTT - WITH LOTS OF EXTRA

Channel One (1983)

Qui était l’ingé son ? Crucial Bunny ?


Oui, et aussi Bunny Lee, qui produisait et qui mixait aussi. Il y avait beaucoup de monde, et après c’est parti. Je suis repassé devant l’année dernière, prendre une photo pour les copains, ca a brulé, fini, c’est une ruine…
Et le travail de studio qu’est-ce que tu en penses ?
J’ai bossé en studio, j’avais un studio associatif sur Toulon pendant les mauvaises époques. Quand je dis mauvaises époques je parle de celles ou le front national était sur Toulon. On était donc nous sur Chateauvallon avec notre structure culturelle, on se battait contre le front national, on avait aussi notre identité politique, avec un studio qui accueillait des gens des ghettos, enfin des gens qui avaient des choses à faire pour développer la musique. Mais c’était un studio humble, on ne faisait pas de grosse productions, juste un développement culturel musical, au sein de populations qui n’avaient pas accès financièrement à la création, surtout quand Lechevallier était maire de Toulon.
Jo Corbeau ca te parle ?
Jo Corbeau c’est un ami de toujours, même si il est beaucoup plus âgé que moi. J’ai 47 ans, et lui doit en avoir 60 passé. En fait, à l’époque on formait tout un crew entre Toulon et Marseille, ou l’on était réuni avec Massilia sound system première version, Jo Corbeau, et les I am qui à l’époque s’appelait les Chili boys, Chili étant Akhenaton. On formait un crew un peu underground dans les musiques actuelles, nous dans le reggae, I am dans le rap, et Massilia qui était dans le reggae provençal. Il y avait quand même une grosse unité car on était dans le même espoir et la même visibilité de la musique, et l’on essayait de s’affirmer pour Massilia dans une identité provençale, nous avec Poupa Claudio avec une identité française, en essayant de faire des textes et des lyrics en français. I am a commencé à faire du rap en français, Massilia a commencé à faire des textes en francais et en Occitan…Nous étions un peu « précurseur » même si ce n’est pas précisément le terme que je cherche, dans le sens ou nous ne voulions pas traduire les états d’âme des jamaicains, mais plutôt d’utiliser le support de la musique jamaicaine ou du rap pour pouvoir nous émanciper nous en tant que petits français.


Et le dancehall actuel, tu t’y intéresses ?


Oui, tout est intéressant dans la musique. Le principe c’est que si ca leur plait aux Jamaicains, ca va nous plaire à nous aussi. Puisque ca nous a plu avant, je ne vois pas pourquoi cela ne nous plairait pas aujourd’hui. Parallèlement les productions sont maintenant hyper cleans, et c’est quand même différent. Il y a malgré tout des gens qui font de la musique roots, comme le petit (Matthew) McAnuff, et d’autres qui reviennent au roots, parce que sinon le dancehall actuel c’est vraiment n’importe quoi. Mais la Jamaique toute entière n’est pas roots, c’est nous qui avons un coté mystique, eux ils n’en ont rien à foutre en fait. Ils veulent entendre parler de gonzesses, de ce qu’il se passe, c’est une culture en fait, et c’était déjà pareil avant. Parce que le Dee Jay qui pouvait être un Peter Metro ou un Shabba par exemple, parlait de la réalité du ghetto, il parlait de ce qu’il se passait, c’était un journal vivant. Maintenant c’est la même, mais…version américaine. D’ailleurs les sound systems n’existent plus en Jamaique, enfin il en reste mais ils jouent des disques uniquement. C’est le selector qui est la star, il n’y a plus de chanteurs, plus de dubplates, en fait ils ont même la parano que quelqu’un d’autre leur vole leurs lyrics !

Ca c’est quelque chose qui a toujours existé …


Oui mais avant c’était plus fun, car quand il y avait une actualité qui se passait là, avec un lyrics, mettons que ca se passait à Maxfield avenue, tu allais ensuite à Tivoli ou un autre recopiait ces paroles…et il y avait la politique au milieu de tout ça, alors qu’aujourd’hui il n’y a plus vraiment de politique en Jamaique, il n’y a plus cette ségrégation gauche/droite comme à l’époque. Avant sur Maxfield avenue par exemple, il y avait un trottoir attribué au JLP (Jamaican labour party) et l’autre au PNP (people national party) il fallait savoir ou tu marchais…Maintenant, tout cela est heureusement terminé, on est revenu à des choses un peu plus simples au niveau politique. Mais par contre, au niveau mafia ou came, rien n’a changé. Il n’y a plus trop de combats entre hommes au niveau de la rue ou du ghetto, mais c’est plutôt une histoire de « money business ». Les gens de la mafia on changés, mais la situation s’est empirée. L’affaire de Dudus (Alias Christopher Coke, baron de la drogue en Jamaique, finalement arrêté en juin 2010) est très claire ! Ce mec a été couvert par la droite (JLP) pendant des années et des années, jusqu’au jour ou la pression des américains étant devenu trop forte, ses amis politiques l’on livrés…Quand tu sais que tu n’est plus protégé, cela tourne au malsain…


Revenons à la musique…


Oui bon il y a autre chose qui a énormément changé la donne de la musique jamaicaine, c’est l’arrivée du digital, qui a réduit tous les couts de studio, et affamé tous les musiciens. Seule une poignée en on profité, les Jammy’s, Steelie & Clevie et autre Bobby digital…En fait à part le tourisme, ce qu’il avait de plus riche en Jamaique, à savoir la musique, s’est retourné contre eux puisque plus besoin de musiciens. Moi j’ai vu certains musiciens très talentueux et connus venir me demander 20$ jamaicains…Je me disais que vraiment ce n’était pas possible, que tout cela n’était pas décent.
Certains réussissaient malgré tout à continuer le métier grâce aux tournées ?
Oui mais dans ce cas là, ils n’étaient plus vraiment acteurs sur la scène musicale jamaicaine. Dans les années 70/80, il y avait une dizaine de studios qui tournaient à plein régime dans Kingston. Aujourd’hui, même si il y en a plus d’une centaine, dont pas mal de studio à dubplate, ce n’est plus ces studios de l’époque ou il y avait en permanence 3 batteurs qui attendaient devant qu’on les embauche pour une session ou ils pouvaient prendre 100$. Tout cela les faisaient vivre, et ils avaient intérêt à être bons, sinon au bout de 8 mesures c’était «casse toi» et «au suivant»... Avec le digital, c’est ca qui a été grave, à part quelques-uns comme Sly, Robbie, Sticky, Chinna, tous les autres n’arrivaient plus trop à s’en sortir, car il n’y avait plus vraiment de sessions. Et surtout, surtout la tradition s’est perdue ! Cette culture de la musique avec un instrument, toute une génération l’a perdu. Par exemple plus personne ne faisait ou n’apprenait la batterie, puisque la mode était au digital, et …

GREGORY ISAACS - MR ISAACS

Micron (1978)

BERES HAMMOND - LET'S MAKE A SONG

Brotherhood (1981)

PRINCE JAMMY - COMPUTURIZED DUB

Greensleeves (1986)

Il n’y avait plus d’héritiers.


Exactement ! Ca a été un gros trou, et c’est pour ça que quand les mecs sont revenus à jouer du roots par la suite, le son était un peu bizarre, car ils avaient un peu tout oubliés ! Du coup on s’est retrouvés avec des artistes qui avaient besoin de chercher des gens qui savaient jouer correctement cette musique. Avant quand ça jouait, lorsqu’il manquait quelqu’un il y avait toujours un petit pour se mettre derrière la batterie ou faire le DJ, alors que là, on avait presque tués les musiciens jamaicains ! La relève a été très longue à se faire, parce que l’on a eu presque 15 ans de digital. Le nü roots a été dur à se mettre en place.

 

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