INTERVIEW ANTHONY QUE LE 07 OCTOBRE 2012 A PARIS

REALISE PAR GUILLAUME MOREL (REGGAESESSION.FR)

 

LD: Quelle genre de musique écoutais-tu étant plus jeune ?
AQ: Dennis Brown, Bob Marley, Burning Spear, Sugar Minott que j'allais voir à son Youth Promotion Studio en passant devant chez lui. J'avais le sac de cours sur le dos. J'y restais parfois toute la journée ce qui rendait mes parents fous. En grandissant j'écoutais du Roots, du Dancehall aussi mais c'est vraiment la musique culturelle qui m'attirait. Spear, Beres Hammond, Culture, Gregory Isaacs qui était un bon ami. Duckie Simpson vivait à quelques rues de chez moi. J'ai grandi avec un bon environnement musical.

LD: Es-tu ouvert à d'autres styles de musique ?
AQ: Oui, j'ecoute d'autres musiques, de la musique américaine, européénne, de la House, j'aime le mélange Jungle et Reggae. Le Reggae est une combinaison de différentes musiques.

LD: Tu as commencé dans un groupe de Gospel. Peux tu nous en dire plus sur cette expérience et ce que cela t'as apporté ?
AQ: Oui, j'ai fais ça quand j'étais jeune. Les gens de l'église locale me disaient que j'étais un bon chanteur. Cela m'a appris à mettre mon âme mais aussi de la mélodie dans ma musique.

LD: Comment as-tu rencontré Sugar Minott et en es-tu venu a enregistré pour le Youth Promotion ?
AQ: Je l'ai rencontré lorsque j'étais jeune au Youthman Promotion Studio. Je restais assis là et il m'a demandé ce qu'il pouvais faire pour moi. Je lui ai dis que je chantais. Il m'a dit " ah vraiment?". Il avait un projet pour enregistrer des jeunes artistes alors il m'a fait enregistré "Yesterday" de John Lennon. Il a apprécié. J'y retourné chaque semaine. Après quoi il était souvent en tournée en Angleterre, du coup j'ai continué mon chemin pour aller au Harmony House de Beres Hammond. Lui aussi je l'ai rencontré jeune.J'y retrouvé Jah Cure, Sizzla, c'était comme une école. Il nous apprenait la technique vocale.

LD: Justement, Beres Hammond t'as-t-il aidé ou conseillé dans ton évolution musicale ?
AQ: Je peux dire même qu'il est une de mes principales influences et qu'il m'a tant appris en technique vocale. Il m'a appris à mettre de l'âme dans le Reggae. C'est un homme trés bon. C'est mon professeur. Beres et Sugar sont mes profs de chant.
 
LD: Comment s'est faite la connection avec l'Angleterre car tu y as beaucoup travaillé ?
AQ: J'y ai vécu 5 ans.Ruff Cutt Band m'a produit tout un album là-bas. J'ai joué dans plein de clubs. J'y voyais souvent Sugar Minott, Errol Dunkley, Earl Sixteen...que de bonnes vibes. Au bout de 5 ans je suis reparti en Jamaique car en Angleterre je faisais beaucoup de Lovers Rock. Le retour en Jamaïque fut pour moi l'occasion de renouer avec un côté plus profond, plus roots et plus conscient de la musique. Je voulais atteindre une autre dimension. Ensuite je suis venu en France pour un show et j'y ai rencontré Babyclone Band. Bonnes vibes, bonne énergie. Ils sont jeunes et jouent pourtant un très bon reggae. C'est avec eux que j'ai enregistré "Meditation time". J'ai posé les parties vocales en 3 jours!! J'avais déjà des paroles.

LD: En ce moment tu es en promo pour la sortie de cet album, quel accueil as-tu eu du public français ?
AQ:Whaou!!!(rires).Un grand accueil. Le public aime.

LD: Comment as-tu choisis les riddims ?
AQ: On a testé, expérimenté. Il y a eu des créations Live, tous ensemble on joué et on créait la musique.

LD: Quelles ont été tes principales inspirations pour les paroles de cet album ?
AQ: Différentes méditations...On essaye de ramener le Roots et la réelle musique des fondations. On se doit de la maintenir vivante. Je suis en mission pour le Roots Music!!( rires).

LD: Était-ce important pour toi d'avoir une section cuivre omniprésente comme c'est le cas sur l'album ?
AQ: Oui, cuivres et percussions. Pour donner et transmettre le vrai feeling à la musique. Ca donne du pouvoir, de la lourdeur à la musique. Burning Spear avait une grosse section cuivres. C'est très important.

LD: Dans le morceau "Shootout" tu évoques la guerre que se livrent policiers et bad boys. Duquel des deux crois-tu que les jamaicains souffrent le plus ?
AQ: Des deux camps...J'essaye de promouvoir la vie en leur disant de se calmer. C'est dur parfois en Jamaïque mais c'est un pays fabuleux, magnifique et les jamaicains le sont aussi. Ces temps-ci la violence semble reculer un peu. Sans la vie on est rien, il faut promouvoir la vie.

LD: Le thème de la pauvreté revient dans plusieurs morceaux.Est-il important pour toi de parler, chanter sur les conditions de vie des gens ?
AQ: Tu sais que le Reggae est la voix du peuple. Le Reggae est supposé apporter un message.De cette façon les gens savent que nous chanteurs, on pense à eux. Le message est plus grand que moi. Je suis là que pour un temps, je dois penser à ce que laisserai en héritage et je veux que cet héritage soit bon.Une bonne musique culturelle c'est ce à quoi j'aspire.

LD: Tu partages un seul duo et c'est avec Queen Omega. Comment cela s'est-il produit ?
AQ: Une fois, elle est venu en France, m'a entendu chanter et elle a voulu poser sur un morceau. Je fais tourner ce morceau "Hold on" en boucle, j'adore. Elle fait également les choeurs sur quelques morceaux.

LD: A propos de 149 records ?
AQ: Ils font de grandes choses en France pour le Reggae. Leur promotion est bonne. Y a rien à dire. Parfois je les écoute et je leur dit " eh les gars, vous sonner comme les jamaicains et même parfois mieux!!" (rires). L'album a eu un bon impact y compris en Jamaïque. C'est profond et spirituel. La musique n'a pas de frontiéres. C'est joué par Babyclone Band et ils m'accompagnent pour des dates dans le Sud de la France.

LD: Comment définirai-tu ton style ?
AQ: De l'ancien avec du nouveau!!(rires)Mais dites pas New Roots.

LD: Considères-tu cet album comme un tournant dans ta carrière, car les riddims sont puissants et la production est de qualité ?
AQ: Oui, j'ai acquis un degré de maturité avec cet album. Ça se ressent sur scène quand je joue ces morceaux, le public accroche vraiment bien. J'arrive à m'exprimer comme j'ai toujours souhaité le faire grâce à cet album.

 

REMERCIEMENTS: MAX (I WELCOM), MAX (149 RECORDS), GUILLAUME MOREL (REGGAESESSION.FR) & ANTHONY QUE

 

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