LD: Quand est tu né et où en Jamaique?
DL: Je suis né au neuvième mois, septembre, dans une paroisse appelée ST MARY, à l'hopital d'ANOTTO BAY, mon nom de bapteme est Andrew Adrian Brown

LD: Comment as tu commencé la musique?
DL: C'est un voyage, pour te dire la vérité, c'est ancré en moi. Cela commence à l'église, ou j'ai commencé à apprendre la façon de chanter sur du rythme, de chanter en mesure, la vraie inspiration commence la. Après je suis allé au collège, je suis allé a l'école a ANOTTO BAY, et aussi a PORT MARIA.


LD: Tu as grandi dans la paroisse de ST MARY?
DL: J'ai grandi entre 2 endroits, ST MARY et Kingston, tout en allant à l'école à ST MARY dans la Jamaique rurale, j'allais très souvent à Kingston pour beaucoup d'occasions.

LD: Quelle partie de Kingston?
DL: Dans le quartier de WATERHOUSE, à un endroit appelé Olympic gardens, Kingston 11, c'est un endroit bien connu en Jamaique, beaucoup d'artistes célèbres viennent de la, dont SHABBA RANKS.

LD: Quel est le principal studio de WATERHOUSE?
DL: KING JAMMY. Il y a beaucoup d'autres studios à cet endroit, il y avait King Tubby avant King Jammy

LD: Il y a une atmosphère spéciale là bas?
DL: C'est aussi appelé FIREHOUSE ce WATERHOUSE, aussi il y a une inspiration musicale! (peut etre il veut faire allusion à l expression: FIRE ! qu'utilisent certains bobos!) Si nous comptions les artistes en mentionnant d'ou ils sont issus, je dirais: WATERHOUSE en tête, car c'est une communauté très étendue, par exemple BLACK UHURU, il y a beaucoup d'artistes célèbres qui viennent de la.

LD: Quand tu venais à WATERHOUSE, tu allais dans certains studios?
DL: Nous allions à un studio appelé STUDIO MIX, parce que King Jammy c'était plus pour les très grands artistes, nous allions quand meme a KING JAMMY et on regardait tout ce qui se passait, en essayant de capter quelque inspiration. C'est un long chemin, man.

LD: Quand est ce la première fois que tu t'es saisi du micro quelque part?
DL: Ca a été d'abord des membres de ma famille qui se sont aperçu que j'avais un petit talent, quand on a commencé à reconnaître cela en moi, j'avais à peu près 15 ans.

LD: Qu'est ce que tu as appris a KING JAMMY?
DL: Comment faire de la musique, la tolérance qu'on peut avoir en faisant de la musique ,les hauts et les bas, et comment garder son équilibre entre les hauts et les bas. Même si quelqu'un ne venait pas dire: "c'est comme ca que tu devrais faire", je m'asseyais, je regardais et j'observais, et je me disais: "la, il y a probablement une erreur", alors les gens dans le studio commencaient a critiquer, et ca me renforcait dans mon jugement: celui la avait bien fait une erreur.
J'avais l'habitude de m'asseoir dans le studio comme cela, et j'éssayais de comprendre quel genre de termes ils utilisaient pour parler de musique. Quand quelqu'un disait: "put on the ad lib" par exemple (continue selon ton inspiration), j'éssayais de comprendre ce que ca voulait dire. Aussi comme je dis, l'inspiration vient d'abord de JAH, et après de ma communauté et des gens autour de moi.

LD: Justement, où trouves tu l'inspiration pour écrire les paroles?
DL: Ca n'a pas grand chose à voir avec moi, c'est le pouvoir suprême qui a établi cet espèce d'équilibre à l'intérieur de moi. Certaines personnes me disent : "tu as l'air bien équilibré pour quelqu'un de ton age, peut être ils veulent dire que je suis humble, mais il y a des gens de mon age qui jouent a un jeu ou on ne trouve pas le même type de comportement équilibré.
Et tu sais à quoi je pense que c'est dù: a ce que j'essaye de préserver ma pureté. j'essaye de rester ferme et concentré.

LD: Est ce que cela à voir avec ton expérience de vie?
DL:oui

LD: ce par quoi tu es passé
DL: oui car tout en étant béni par cet équilibre (bon sens), cette capacité de différencier le bien du mal, j'ai été testé par la vie, j'ai perdu ma mére à 9 mois.

LD: Qui t'a élevé?
DL: j'ai été élevé comme un bébé chat, j'ai eu des mamans, mais pas de maman biologique, pas vraiment une mère donné par dieu, bien que ces mères la aient été divines dans un autre sens.
Par exemple, la mère de ma mère, ma grand mère, c'est elle qui m'a élevé en partie, à ST MARY, et les soeurs de ma mère à Kingston, et mes oncles aussi, comme je le dis, une large communauté de gens.

LD: Une famille étendue, est ce que ça ressemble à une famille africaine?
DL: oui, c'est ce que c'est! Et je vais te dire qu'en plus, ce n'est pas seulement africain, partout où tu vas dans le monde, tu trouveras des familles qui connaissent des tragédies, des moments difficiles au cours desquels on perd un membre de la famille, et un jeune doit grandir en ayant perdu son père ou sa mère, cela arrive pas mal.

LD: cela arrive t-il moins dans une société plus riche?
DL: Cela arrive aussi, mais dans une société riche ils ont moins de difficultés à envoyer les enfants à l'école, ma tante m'envoyait à l'école, mais elle avait quand même ses enfants qui étaient ses favoris.

LD: Et ton père?
DL: Je ne peux pas blamer mon père, c'est un homme bien. J'ai connu mon père quand j'avais 11 ans. Sachant que ma mère était décédée, ma grand mère et mes tantes n'ont pas voulu que je sois élevé par des bèlle-mères, alors elles m'ont isolé de lui, c'est parfois comme cela à la campagne en Jamaique.
Comme ça, je vivais à la campagne et j'ai appris un style de vie différent, par exemple je charriais pas mal de recoltes. Tous ces gens qui venaient acheter au marché, ils ne savaient pas que c'était moi qui avais planté ces bananiers. Un jour j'ai defriché un champ entier.
Meme si je suis un jeune, je vais te dire quand même ce que j'ai appris en tant que jeune, j'ai appris a faire des choses constructives. Je suivais les vieux et les vieilles qui allaient aux champs et ils me disaient quoi faire. Quand je les voyais defricher un champ, moi je prenais une petite machette et je defrichais mon petit coin a moi, et comme ils avaient leurs bulbes de patate douce prets a etre mis en terre, je leur en piquais 2 ou 3 pour planter dans mon lopin a moi. Alors, tu vois ce qui arrivait, ma grand mère beneficiait de cette récolte la en la vendant même au marché. Je faisais pousser aussi beaucoup de carottes, les gens qui étaient au champ m'enseignaient comment semer les carottes et me montraient la facon de jeter les graines.

LD: As tu appris le chant aussi en observant et en ressentant les choses?
DL: c'est l'humilite qui m'a aidé, car même au temps où je gardais les chêvres et où je jouais avec mes copains, à 6 heures du soir je devais aller chercher ces chêvres, même s'il faisait noir et que je m'étais laissé dépasser par l'heure. Et quand j'allais chercher les chêvres dans l'obscurité et que j'étais un peu éffrayé, je chantais sur le chemin en donnant libre cours a mon émotion.

LD: Que penses tu de ces jeunes gens qui ne font rien et qui demandent de l'argent, pourraient ils faire quelque chose comme toi tu le faisais?
DL: C'est la dépression mondiale qui cause cela. Tu vois les jeunes qui mendient, ils pourraient faire beaucoup de choses, mais ce sont les opportunités qui manquent. C'est pour cela que quand tu as une opportunité, il faut la saisir.

LD: "when one door is closed, many more are open"
DL: c'est seulement quand tu es consistant et persistant, et que tu continues sur ta voie, que tu verras que les portes s'ouvriront. Ce qui se passe aussi, c'est que beaucoup vont a l'universite, mais après l'université pour avoir un travail c'est un problème, les places sont limitées.

LD: c'est mieux de vivre à la campagne ou à la ville pour survivre?
DL: Je peux dire que la campagne c'est mieux, mais un autre viendra et dira: c'est mieux la ville. Chaque endroit peut etre utilisé intélligemment.
Les gens doivent vivre la ou l'air est gratuit, là ou il y a des arbres, ils peuvent respirer convenablement, rester près de la nature, parce que la ville est polluée par toutes les industries et le mouvement du traffic, donc pour moi, je suis mieux a la campagne, je peux planter 2 ou 3 choses, Babylon n'a pas a me nourrir.

LD: c'est mieux de vivre à la campagne pour sortir du systeme?
DL: oui, je dis cela. Tu dis ça aussi?

LD: oui
DL: c'est plus facile de vivre à la campagne pour vivre hors du systeme

LD: Quelles ont été tes inspirations musicales?
DL: Tu me vois comme quelqu'un de jeune, mais je suis là depuis longtemps. Et en tant que jeune, j'aime les anciens. ça a été facile pour moi d'endosser ce rôle et d'apporter ma contribution a la musique. J'aime que mes chansons evoquent des faits sociaux, j'aime que mes chansons fassent des commentaires sur le monde, j'aime défendre ceux qui n'ont rien, donc ma musique aura toujours un aspect de prophécie, un caractère éducatif et historique.
Je vais te dire qui a commencé cela. C'est même avant BOB MARLEY, ce sont les dieux du reggae, quand on parle de BOB, TOOTS, PETER TOSH, on parle de très grands chanteurs, je peux nommer aussi BOB ANDY, ce sont de grands hommes que j'observe en me tenant sur le coté, j'apprends des choses en regardant ce qu'ils ont ecrit, et cela m'inspire sur mon propre chemin.


 

LD: c'est une direction
DL: C'est une direction, c'est pas que je veuille faire ce qu'ils font, parce que ce qu'ils ont fait est terminé et bien fait, mais ils sont une fondation sur laquelle je me base à mon tour, rien ne peut détruire cela.

LD: Tu es dans la continuité
DL: Oui

LD: Qui te produit?
DL: Je chante, je joue à peine d'un instrument, je ne fais que chanter, Jah m'a fait cadeau de cette voix, que je peux projeter vers les gens. J'ai travaillé avec quelques grands producteurs jamaicains.

LD: Peux tu nous donner quelques noms?
DL: Mon directeur musical , son nom est ALLAH, il fait partie du groupe CHALICE, c'est un joueur de clavier. Mon second producteur, c'est CLIVE HUNT. Ces 2 hommes, je les regardent comme des geants. J'ai travaillé avec des musiciens comme ROBBIE LYN et BOPEE. En tant que jeune artiste, si je reste a travailler avec des anciens, ils font ressortir la fondation, la plate-forme sur laquelle je me base.

LD: qu'est ce que tu apprends de ces hommes?
DL: J'apprends l'humilité, j'apprends a rester dans la bonne disposition d'esprit. Car beaucoup de gens sont dans la confusion, ils n'ont pas de ligne directive. Ils n'ont pas de mentor, donc ils sortent de la bonne voie. Je rends respect aux anciens dès que j'en ai l occasion, ils sont ma direction, ma lumiere. Je suis un jeune tres obeissant.

LD: Quel est le premier titre que tu as enregistré?
DL: C'est un des grands classiques jamaicains. J'ai rencontré un homme nommé SEREPSE SMALL. J'ai été à l'école EDNA MANLEY (école des arts visuels, des beaux-arts et des arts de la scène a Kingston) faire un cours de 6 semaines sur les arts de la scène, ce n'était pas seulement dans le domaine musical, c'était plus complet comme programme, et j'ai rencontré SEREPSE SMALL. Je ne savais pas qui c'était, en fait c'est un des plus grands instrumentalistes jamaicains.

LD: de quoi joue t il?
DL: Il joue de la guitare, du clavier, il compose de la musique. Un jour il m a dit: "tu sais, toi, un jour, tu devrais aller dans un studio", et je lui ai repondu: "j'aimerais bien faire ca". Il m'a emmené a un gars appelé MALLORY WILLIAMS, c'est quelqu'un qui a eu un hit tune dans le temps appele BOOM SHE BOOM. Il vient d'une lignée de chanteurs, son père c'est JERRY WILLIAMS, un homme qui chantait entre autres REGGAE CHA CHA..
Quand j'ai eu l'opportunité de rencontrer ces hommes et d'évoluer autour d'eux, j'étais comme illuminé, car j 'étais vraiment en compagnie de grands bonhommes. J'ai chanté une chanson pour MALLORY WILLIAMS et il m a dit: "tu as vraiment une voix!, et puis tu as une bonne attitude, mais tu dois apprendre comment faire une chanson"

LD: les techniques pour écrire une chanson?
DL: Il m'a donné un livre appelé: "88 façons d'écrire une chanson", et quand j'ai commencé a lire le livre, j'ai trouvé la technique: on peut écrire une chanson en 4,8, 16 temps. Alors j'ai commencé a apprendre le format des chansons, et plein d'autres choses encore.
J'ai mis 3 semaines pour enregistrer la première chanson, une chanson appelée WHAPI. ça m'a pris 3 semaines, on croirait que c'est rapide avec ce genre d'homme, mais ce sont des perfectionnistes. N'importe quoi qu ils fassent, peu importe avec qui ils le font, leur nom figurera dessus, donc ils le font dans les règles.

LD: Penses tu que toi aussi tu es un perfectionniste?
DL: Qu'est ce qui pourrait m'arreter sur le chemin de la perfection? J'ai été créé parfait, pareil que nous tous, nous avons tous été crées parfaits et égaux. Je dis à certains de mes amis: quand j'écoute MARCUS GARVEY, et que je le re-écoute, ce sont des propos profonds, il dit: il n'y a aucun homme sur la terre qui peut venir dire qu'il est plus ceci ou cela que les autres, parce que nous sommes tous egaux, et que si un homme vient dire cela un jour, c'est un problème, il y aura combat juqu'a la mort. Je dois combattre moi meme jusqu'a ce degré de perfection ou nous sommes tous egaux.

LD: Alors c'est une mission spirituelle?
DL: C'est cela! spirituellement, physiquement, et mentalement parlant!

LD: quels sont tes principes de LIVITY (style de vie rasta)?
DL: Laisse moi te dire mes principes de vie, ça semble drôle, mais c'est d'apprécier la vie.

LD: Remercier, rendre grâce.Pour quelles choses remercies tu?
DL: Le moment présent que tu peux apprécier, comment dans cette vie, avec ce corps, tu peux toucher les choses physiques et accomplir des choses avec, transporter n'importe quelle montagne. Tu vois, au moment ou tu commences a apprendre a remercier pour ce que tu as pour la vie, tu trouveras toutes les avenues et toutes les portes ouvertes, parce que la vie ne présente alors que ya des bonnes avenues a prendre.

LD: Mais il faut être assez sage en les choisissant. Est ce que tu prépares un album?
DL: oui, j'ai un album de prêt, cela va être comme une tempête au paradis! Je veux que vous écoutiez cette musique, pas seulement le RIDDIM, pas seulement la structure de la musique, mais les mots, éssayez de comprendre le ressenti, le méssage qui va avec. Ca va être critique parce que je l'ai fait simple, mais quelqu'un de grand m'a dit un jour: "pour créer une bonne chanson, il faut la faire simple et forte!"
Quand on voit les atrocités qui ont lieu dans ce pays et dans le monde, il faut faire des chansons dessus et trouver des solutions aux problèmes, et le présenter de façon simple, afin que chacun puisse comprendre. Quand quelqu'un viendra écouter cela, cela n'aura pas un aspect scientifique, rien n'aura non plus besoin d'être ajouté. On doit juste écouter DROOP LION, éssayer de comprendre le méssage, et aller de l'avant avec le méssage.
Oui, j'ai un album qui va sortir: FREEWAY

LD: c'est le titre de l'album?
DL: oui, FREEWAY

LD: Quand cela va t-il sortir? et où ça?
DL: En Europe, France, Suisse, Amerique du nord et du sud. Nous faisons ce qu'on appelle un EP: ça consiste en 6 chansons, c'est la porte d'entrée pour cet album, c'est pour présenter au public ce qui va suivre

LD: Que souhaites tu accomplir musicalement?
DL: Construire la nation. Jamais je n'aurais passé autant de temps, impliqué autant de gens, si ce n'avait pas été dans le but de "construire une nation"

LD: Ou: construire le monde
DL: Construire le monde. Il y a une crise mondiale, tout le monde peut s'apercevoir de cela, mais il n'est pas donné à tout le monde de prendre un bout de papier, trouver des mots, présenter des solutions a ces problèmes et venir le chanter devant une nation. Quand je prends conscience de ce que je suis, je me dis: c'est ma tache. Je viens pour guerir, ma musique c'est un remède pour guerir les maladies de la societé.

LD: Tu as conscience de ce que tu es et tu ne veux pas gâcher cela.
DL: C'est pour cela qu'il faut rester centré, humble, et garder l 'équilibre intérieur, car il faut une fondation sur laquelle travailler et il y a un voyage à accomplir. Il faut rester sage et intélligent avec sa propre vie.
ne gaspille pas ta vie, et reste sur cette voie où tu as conscience d'être.

LD: quel âge as tu?
DL: On dirait que je suis très vieux, mais je suis né trés récémment!

LD: Tu as un brillant futur devant toi
DL: beaucoup de gens trouvent ça extraordinaire, un jeune avec ce genre de raisonnement, mais ce n'est pas si surprenant, tous les guerriers de JAH apportent un enseignement un peu a l'avance sur leur temps, j'apporte un message un peu a l'avance. A chaque fois qu un changement dans l'air du temps approche, JAH lève ses lions et les envoyé pour éclairer le chemin de tout un peuple de gens de toutes sortes!


LD:Merci pour toutes ces explications, j'éspère que les gens vont les voir sur le site et méditer dessus!!
THE END ........... Quelle tchache ce droop lion!

 

INTERVIEW REALISE PAR MISSPI, PHOTOS: DJEDJE ..... REMERCIEMENTS FRED, DROOP LION MANAGEMENT & TUFF GONG STAFF....

 

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